mercredi 11 janvier 2017

A.N.G.E., tome 8 : Periculum d'Anne Robillard

Présentation de l'éditeur : Pendant que de nombreux cataclysmes frappent la Terre, Thierry Morin se lance à la poursuite de l'Antéchrist avant qu'il ne soit trop tard, car l'armée qu'Ahriman est en train de lever pour lui grossit de jour en jour.
Damalis et Cindy filent vers Jérusalem, puisque l'ANGE a perdu le contact avec son nouveau directeur international qui a été aperçu en compagnie d'Asgad Ben-Adnah !
Les descendants des douze tribus d'Israël convergent sur le nouveau temple ignorant que beaucoup d'entre eux périront pour protéger l'humanité.
Tandis que Perfidia est à la recherche de son ennemie jurée, la reine des Anantas, Asgad apprend qu'Océane attend un enfant.
Tel qu'annoncé par les prophètes, Satan perd son combat contre les armées de l'Archange Michel et se réfugie sur la Terre avec tous ses démons...






Un tome portant bien son nom


Si on peut s'imaginer écouter des musiques pendant un livre, je dirai bien que celui ci porterait des musiques extrêmement rythmées tant on a tout le temps un sentiment de danger dans ce tome. Personne n'est à l'abri et on se demande au détour de chaque page si on sortira vivant. Vous allez me dire, déjà que la saga n'est pas très reposante.

Oui mais là on est à deux tomes de la fin et si vous êtes comme moi et que vous connaissez la petite dame, forcément, vous savez en vous même qu'elle accélère toujours et franchement à la base, balançant de petites bombes scénaristiques à peu près à ce moment là de l'intrigue principale. Et elle l'a fait !


Que vous dire de plus ?

Tout simplement que le pire que ce qu'on peut s'imaginer avec les indices se produisent. Mais que le meilleur est à venir ? Et ouai, c'est tout ce que je peux vous faire tout simplement sans vous spoiler. Seulement qu'à cette hauteur de l'histoire, autant je n'aimais plus du tout Océane, autant maintenant, on redevient progressivement copine. Elle se reprend gentiment en main pour le bien de tous et je dois dire que cela n'aurait pas dû m'étonner puisque sa mère avait prévu le coup.

En bref, encore un tome à lire et à relire, on attend la fin, on l'apprécie et on se prépare gentiment à dire adieu à tout ce petit monde. Et cela sera comme toujours un déchirement.

lundi 2 janvier 2017

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran de Eric-Emmanuel Schmitt






Présentation de l'éditeur : Paris, années 60. Momo, un garçon juif de 11 ans, devient l’ami du vieil épicier arabe de la rue Bleue, pour échapper à une famille sans amour. Mais les apparences sont trompeuses : Monsieur Ibrahim n’est pas arabe, la rue Bleue n’est pas bleue, et la vie ordinaire peut-être pas si ordinaire…












On pourrait presque le mettre en conte de Noël

Et pourquoi pas dis donc ! C'est tout de même l'histoire d'un  jeune homme qui pense devenir un homme et d'un homme qui aide un jeune homme à en devenir un. Oui, je sais, c'est super clair. Et en plus, si on réfléchit bien, l'histoire est triste, gaie, féérique et on s'imagine bien qu'on ne voit pas cela tous les jours dans nos villes. La fin est bien écrite, l'écriture est fluide, très jolie et limite poétique. Ouep, pour moi, il fait partie d'un conte de Noël.

Parce que cet bel esprit qui nous réchauffe le coeur, qui nous fait voir la vie plus belle. C'est bien de cela dont il s'agit ici. Et même si l'histoire est courte, même si parfois l'histoire est triste, souvent, l'histoire nous permet d'imaginer une vie plus belle et d'imaginer un monde meilleur. Et ça, cela vaut tout l'or du monde.



Un petit roman de vie.

Qu'est ce qui fait d'un homme un homme ? L'acte sexuel ? Le fait d'avoir une maison ?Le fait d'avoir un travail ? Celui d'accepter les autres ? Celui de faire la paix avec son entourage ? C'est un peu tout ceci qu'essaie de répondre l'auteur en prenant un petit garçon juif qui va apprendre à devenir et tolérant, et grand, et tout ceci avec un vieux monsieur musulman. Il va découvrir de nombreuses vérités, de nombreuses perceptions aussi.

C'est un petit bijou à lui tout seul, qu'on peut se reprendre à lire et à relire lorsqu'on a envie tout simplement de savoir que la vie, même dure, peut être belle.

La Légende de Drizzt, tome 12 : L'épine dorsale du monde de RA Salvatore




Présentation de l'éditeur À Luskan, Wulfgar s’est lié d’amitié avec Morik le Rogue, un voleur local.
Désormais videur au Coutelas, le barbare autrefois si fier a sombré dans le désespoir et se réfugie dans la boisson. Sa déchéance est telle qu’un vulgaire bandit parvient à lui dérober Crocs de l’égide pour le vendre à un pirate.
Accompagné de Morik, Wulfgar voyage dans le Nord à la recherche de son précieux marteau de guerre. Mais peu à peu, au cours de cette quête semée d’embûches, Wulfgar semble retrouver la voie de la raison…
Trouvera-t-il enfin la paix ?







Un tome centré sur Wulfgar


Je ne pensais pas que cela allait arriver mais si. On a eu le tome sur le trauma de Wulfgar. J'ai eu ensuite très peur que cela n'allait pas apporter grand chose, que l'action n'allait être que ponctuée de beuveries et puis c'est tout. Non. C'était un tome riche, très riche, même si j'avoue que l'équipe au complet me manquait. Mais je pense quelque part qu'elle manquait aussi à notre barbare préféré. Nous avons tout de même pu prendre des nouvelles d'un certain chasseur de pirates et j'étais bien contente de savoir qu'il se portait à merveilles.


Pourquoi centrer un tome sur Wulfgar ? Tout simplement parce qu'il a été torturé pendant des années par un démon. Que nous ne savons rien de ces années de captivité mais surtout que même si son corps a été libéré, son esprit pas du tout. Il en a encore bien des séquelles et surtout, nous ne savons pas vraiment ce qu'il s'est passé. Et ce tome était l'occasion de voir à quel point notre héros était blessé.


Un tome centré sur la guérison ?

Sincèrement, je ne sais pas. Je ne sais pas si Wulfgar pourra guérir un jour de tout cela mais une chose est sûre et certaine, c'est qu'il a tout tenté, tout donné pour combattre ces démons. Il a tenté à sa manière, pas toujours très subtile, je le reconnais, de réparer ses erreurs, de s'amender mais aussi et surtout de se soigner lui aussi. Il se rend bien compte qu'en étant le fils spirituel de Bruenor, il a une certaine responsabilité envers son monde, responsabilité qu'il n'accomplit plus du tout.

C'est réellement l'histoire du fils prodigue mais en version plus trash, plus Salvatorienne. Et d'un tome où l'on pourrait penser honnêtement qu'on allait assister à des larmoyements, à des beuveries et autres choses, on tombe sur un tome extrêmement riche et passionnant, qui explore l'âme humaine d'un barbare au grand coeur.

A.N.G.E., tome 7 : Absinthium d'Anne Robillard

Présentation de l'éditeur : Toutes les nations se relèvent difficilement du terrible tremblement de terre qui a ébranlé la planète entière, et elles ne sont pas au bout de leurs peines. La Bible annonce à Vincent d'autres cataclysmes plus terrifiants encore qui forceront l'A.N.G.E. à intervenir pour le bien de l'humanité.En même temps que les Brasskins tentent maladroitement d'empêcher le pire, ils nuisent aux principaux protagonistes des événements précédant la fin du monde, et ces derniers ne peuvent plus jouer leur rôle. La dissidence d'un reptilien doré permettra toutefois à l'Agence d'y voir plus clair dans les manigances des Brasskins.La reine des Dracos, qu'on avait cru neutralisée, déclare la guerre aux humains et aux reptiliens des castes inférieures. Son geste convaincra non seulement Thierry Morin, mais aussi tous les Nagas de ce monde de hâter l'exécution de leurs cibles.





A la découverte du lézard doré.

Tout va mal dans le monde (comme d'habitude vous allez me dire), ce qui est plutôt rassurant pour une fin du monde aussi. Mais alors que nos héros préférés tentent désespérément de renverser la balance, voilà t-y pas qu'ils se font menacer et agresser par des lézards dorés. Aussitôt, je reprends ma liste des races à lézards non officielle pour m'y repérer dans tout ce bazar et je m'aperçois que je ne les connais pas. Mais genre pas du tout. Et le pire du pire, c'est qu'ils disent qu'ils sont non violents.

Sérieux ?

Oui, même nous, nous peinons à la croire alors que la Bible Magique de Vincent n'arrête pas de débiter de mauvaises nouvelles. On sent que ce tome est tout simplement une mauvaise journée. Voire une très mauvaise journée mais les catastrophes s'empilent, les membres de l'ANGE font front comme ils peuvent et nous, nous encaissons pour attendre la résolution du bordel


Thierry s'en va-t-en guerre

Quand Thierry décide de mener à bien sa mission, on peut dire que rien ne l'arrête. Il récupère ses deux disciples et fait passer le message pour tuer tous les méchants lézards.C'est donc encore une fois un tome plein de rebondissements qui se joue devant nous.

mercredi 21 décembre 2016

Les peuples oubliés, tome 1 de Brigitte Verguet




Présentation de l'éditeur : Argynis s’est évadé des mines du roi Wilhem, où les elfes croupissent depuis de longues années, dans l’indifférence générale. Sa mission : chercher du secours auprès des elfes libres et du peuple ailé, les Ikoras ― car, d’après une prophétie, une des leurs les sauvera.
Alors qu’il se réfugie dans une auberge, il fait la connaissance de Gildwin. Le nain conte des histoires que les hommes qualifient de légendes, mais dont il affirme la véracité. Ainsi, assure-t-il que les Ikoras ont bel et bien existé, même s’ils ne sont probablement plus de ce monde. Un doute subsiste toutefois, puisque nul ne sait ce qu’est devenue la jeune Eléa. À part, peut-être, Arzhael, le vieil enchanteur qui habite sur la montagne de Glace…








Un premier roman prometteur.

Le thème est sympa. Brigitte Verguet a pris les clés du genre Fantasy comme il fallait. A savoir : une légende, une espèce de guerre intestine, un elfe qui a toujours été esclave mais qui va s'enfuir, se rebeller, monter un groupe et partir à la recherche de l'origine du mal. Avec cela il va s'associer à un nain conteur à la recherche de gloire et ils vont trouver des gens pour faire le job. Quelque part, on sait où on va, et je suppose que l'auteure aussi (en tous cas, c'est ce qu'elle montre), et en prime il y a quelques petites originalités.

Alors certes, parfois, on a des phrases à rallonges, on sent bien qu'il y a encore quelques couacs. Et alors j'ai envie de dire ? Cela montrera la progression pour la suite et pour ma part, cela ne m'a pas dérangé. Certes, j'ai un peu coincé au début mais ce n'est absolument pas de sa faute car je sortais d'une paire de romans de science fiction. Il a fallu que mon cerveau se recadre un tantinet !


Un style fluide et un univers qui gagne à être connu.

Oui, vous allez me dire que commencer dans une taverne avec un homme qui se cache pour en rencontrer un autre, on se croirait presque au Poney Fringant. Mais quelque part, Brigitte Verguet s'est assise sur des acquis, sur des images que nous avons tous pour créer son propre univers. J'ai adoré suivre la légende commune des elfes et des hommes, le fait qu'il y ait de l'esclavagisme et pourquoi. On sent qu'il y a de la recherche  et j'ai adoré suivre les développements de l'auteure.


En bref, si vous passez par là, ne vous arrêtez pas à la couverture Old School et tentez le coup. Non seulement vous servirez de sponsoring pour la sortie de son deuxième roman, mais en prime, vous pourrez découvrir un univers assez sympatoche.


vendredi 9 décembre 2016

Hong Kong Noir de Chan Ho-kei (traduit par Alexis Brossolet)

Présentation de l'éditeur : C’est l’histoire d’un homme qui croyait qu’une justice était possible dans un pays en pleine mutation. C’est l’histoire de Hong Kong. Hong Kong, 2013. L’inspecteur Kwan Chun-dok, véritable légende de la police, surnommé par ses collègues «le Divin Détective», est mourant. Des années durant, il a traqué les criminels sans faire de vagues, indifférent aux nombreux bouleversements qui ont secoué le pays. Et aujourd’hui son partenaire, l’inspecteur Lok, vient lui demander une dernière fois son aide pour une enquête particulièrement délicate. Une enquête qui le ramène des années en arrière, à l’époque où il faisait ses armes au sein de la police hongkongaise et cherchait à mettre un des plus dangereux mafieux des triades derrière les verrous. Thriller audacieux et envoûtant, couvrant un demi-siècle d’histoire, cinquante ans d’honneur, de rivalités, de jalousie et de vengeance, Hong Kong Noir prouve que le renouveau du polar pourrait bien venir de l’Orient lointain!








Pour les amoureux des bouts d'intrigue

Hong Kong Noir, que j'avais pris chez les Editions Denoël pour me rappeler un peu ces deux mois passés là bas. Et puis la perspective de découvrir un thriller chinois. Je dois avouer que tout ceci n'a pas de prix. Et je tombe sur la première histoire, celle de 2013 et je tombe amoureuse de l'intrigue, du style, de l'ambiance noire de flics qui peuvent être désabusés corrompus. Et dans ce noir absolu, deux flics : un maître et un élève qui n'ont qu'une mission : résoudre des crimes. Et on les suit pendant des années. Au long de leurs enquêtes, on devine leurs vies dévouée à leur concitoyens, on crie leur amour de la recherche du crime, on déjoue avec eux certaines machinations.....

Hong Kong noir, c'est un thriller, certes, mais c'est un roman d'ambiance. J'aurai adoré le voir en film (et d'après ce que j'ai compris, cela va être d'actualité). C'est une belle écriture et on remerciera Alexis Brossolet pour cette traduction qui montre toutes les ambiances du roman.


Mode d'emploi pour une visite de Hong Kong.

Bien entendu, je ne peux actuellement me promener dans cette cité très particulière avec mon livre. Mais du peu que j'ai pu voir, je peux vous dire que ce roman reflète la vérité sur ces ambiances. J'y étais quand Hong Kong passait de la Grande Bretagne à la Chine et pour en avoir longuement parlé avec les autochtones, vous aurez pendant les intrigues se déroulant dans les années 2000 la même ambiance. J'ai fait un énorme bond dans ma jeunesse et je dois dire que rien que pour cela, c'était un réel plaisir.

Mais comment ce livre ? Prenez une enquête par ci par là, et ensuite, posez vous mentalement pour refaire la chronologie de tout cela dans votre tête. Et vous verrez bien entendu l'évolution des personnages mais aussi l'évolution de la relation Maître élève qui est magnifique. J'aurai adoré les rencontrer. Et puis surtout, vous aurez la toile de fond de cette ville au travers de ses enquêtes et de ses crimes.

En bref : un coup de cœur ! Un énorme merci aux Editions Denoël qui m'ont encore fait mouche. J'ai hâte de voir la future rentrée littéraire ! 

vendredi 25 novembre 2016

Du domaine des murmures de Carole Martinez


Présentation de l'éditeur : En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire "oui" : elle veut faire respecter son vœu de s'offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe... Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l'entraînera jusqu'en Terre sainte.








Une femme indépendante 

Esclarmonde ne veut pas épouser le seigneur du coin, sur ordre de son père. Malheureusement, pour cette époque, la seule alternative lorsqu'on est jeune, jolie, faisant partie d'une seigneurerie et lorsqu'on est une femme au mariage, ce sont les ordres. Mais même là le Père peut très bien s'y opposer, le consentement ne valant pas grand chose à cette époque. Ce que fait cette femme, c'est produire des évènements qui vont lui garantir la vie sauve : elle se tranche l'oreille et fait apparaître un agneau blanc sur le parvis de l'Eglise en prétendant avoir été touchée par Dieu le jour même de son mariage.

La décision est sans appel, pour ne pas épouser le fils du seigneur du coin, elle sera emmurée dans une chappelle pour prier pour toute la communauté. Et elles ont été quelques unes à avoir subie ce même sort. Ces espèces de saintes qui n'en étaient pas vraiment mais qui ont pu avoir une certaine liberté en étant enfermée ad vitam.


De sa position de femme indépendante, elle aura une influence.

On se doit d'écouter une femme sainte à cette époque. Aussi, lorsque Esclarmonde veut éloigner son père, elle lui suggère de partir en croisade et il ne peut se soustraire à cette volonté. Par ce truchement, la jeune fille aura son influence mais à quelle prix ? Elle ne verra plus les autres qu'au travers d'un petit trou dans le mur, elle ne verra quasiment plus la lumière du jour et n'aura plus de contacts humains au bout d'un moment.

Ce roman, c'est le long processus du statut de femme à statut d'icône. Et on s'aperçoit qu'Esclarmonde vivra au delà des années. On ne se souviendra plus de la femme qu'elle était mais de la sainte qu'elle est devenue. C'est un roman poignant, révoltant et on ne peut s'empêcher de le lire du début à la fin