jeudi 1 novembre 2012

La Vénus d’Ille de Prosper Mérimée






Présentation de l’éditeur : C'était bien une Vénus, et d'une merveilleuse beauté. Elle avait le haut du corps nu, comme les anciens représentaient d'ordinaire les grandes divinités. Rien de plus suave, de plus voluptueux que ses contours ; rien de plus élégant et de plus noble que sa draperie. Quant à la figure, jamais je ne parviendrai à exprimer son caractère étrange, et dont le type ne se rapprochait de celui d'aucune statue antique dont il me souvienne. Tous les traits étaient contractés légèrement : les yeux un peu obliques, la bouche relevée des coins, les narines quelque peu gonflées. Dédain, ironie, cruauté, se lisaient sur son visage. En vérité, plus on regardait cette admirable statue, et plus on éprouvait le sentiment pénible qu'une si merveilleuse beauté pût s'allier à l'absence de toute sensibilité. - Si le modèle a jamais existé, dis-je à M. de Peyrehorade, que je plains ses amants ! Elle a dû se complaire à les faire mourir de désespoir. Il y a dans son expression quelque chose de féroce, et pourtant je n'ai jamais vu rien de si beau


J’ai usé toutes les pages à force de le lire

La Vénus d’Ille et moi, c’est une grande relation. Aussi je me suis empressée de le relire pour le challenge Fant’classique d’Iluze. Je crois que si j’aime autant ce genre c’est grâce à cette nouvelle précisément. C’est le tout premier classique fantastique que j’ai lu. Aussi j’aimerai vous le partager aujourd’hui.

Le style est donc classique. Un homme de la ville part dans un coin paumé pour admirer une nouvelle sculpture en bronze qui est une Vénus et il se passera un truc étrange. Vous aurez des descriptions sur la vie en campagne, sur comment les gens perçoivent la Vénus pour aboutir sur l’épisode fantastique. Pour les lecteurs modernes, cela pourrait paraître un peu lent, bien entendu, mais c’est un style particulier que j’aime particulièrement. Car on a le temps de se poser, de se mettre dans l’ambiance avant d’avoir un mystère qui vous glacera d’effroi.




La Vénus d’Ille, une inspiration encore actuelle.

Le postulat était simple. Un objet inanimé s’anime sous une impulsion et fait preuve d’un sentiment qui oscille entre la méchanceté et la volonté de vivre des émotions humaines. Cela ne vous rappelle rien ? Et bien relisez Christine de Stephen King ou regardez les Noces Funèbres de Tim Burton et vous verrez là autant de références à la Vénus d’Ille. Et qu’est-ce que cela apporte ?

Cela montre que des objets peuvent avoir une âme méchante. Ou malveillante, c’est selon.  Le fait que les objets peuvent avoir un esprit ou une âme vient en partie de là. Vous avez ici l’origine de cette théorie. (ou du moins un précurseur).  Cette nouvelle est un vrai bijou du fantastique. Aussi je n’ai qu’une chose à vous dire : parcourez là.


1 commentaire:

  1. Comme je te l'ai dit sur Livraddict, j'adore ce bouquin ! Ton commentaire dépeint parfaitement mon avis. ^^

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