jeudi 24 janvier 2013

La ville-vampire (ou bien le malheur d’écrire des romans noirs) de Paul Féval








Présentation de l’éditeur : " La Ville-Vampire de Paul Féval, universellement célèbre pour avoir écrit une des œuvres les plus abondantes et les plus échevelées du XIXe siècle (Le Bossu, Les Mystères de Londres, Les Couteaux d'or, Les Habits noirs). Ici, non content de rallier à tout moment le roman noir anglais traditionnel, l'auteur combine à merveille les passages les plus cocasses et les descriptions les plus fabuleuses. Paul Féval, c'est l'action, la verve, l'humour, le suspense d'un bout à l'autre du récit - le roman au sens le plus strict au terme... " Jean-Baptiste Baronian









Un roman sombre dans le pur style Paul Féval

Vous me connaissez un petit peu maintenant, j’avais envie de découvrir des auteurs fantastiques et classiques. Histoire de voir un petit schéma sur les romans noirs. La vie étant bien faite, les classiques sont aussi gratuits. Donc forcément, je me mets un peu dans la peau d’une enquêtrice numérique à la recherche de la perle qui se détache du lot. Et puis et surtout, j’avais eu un mauvais souvenir avec un précédent roman de Paul Féval, où je vous avez réservé mon jugement quant au style de l’auteur. Et bien maintenant, je vais tout vous raconter.

Je pense savoir où se trouve le soucis entre moi et Paul Féval. C’est que j’ai besoin d’être en forme quand je le lis (lecture classique oblige, les anciens aiment vous faire buter sur tous les mots importants, comme s’ils n’avaient jamais vu un film d’action, bande de petits canaillous) et j’ai eu le malheur de lire la Vampire en plein boom du boulot et la ville-vampire  en période de : « Je suis crevée car je tente de récupérer du boom du boulot). Forcément, je mettais des obstacles naturels entre l’auteur et moi. Et donc, au début, j’avoue que je ne voyais pas du tout l’intérêt de ce roman de Paul Féval, le trouvant aussi fade que La Vampire. Et puis… Le deuxième effet Kiss Kool arriva.

Alors parlons d’abord du premier effet, sinon vous n’allez rien comprendre. Alors Paul Féval est à un embranchement entre deux styles de lectures : le roman gothique et le roman noir. Le roman gothique sévit plutôt à Londres alors que le roman noir préfère Paris. Pour ce qui est du roman gothique, nous avons ici tous les éléments  caractéristiques, à savoir :

  • Un décor : de préférence lugubre. Croyez moi, vous aurez ici beaucoup de descriptions de cryptes, de cimetières et d’auberges miteuses. C’est bon 
  •  Les personnages : On a bien une femme persécutée, un démon (ici un vampire) 
  •  La situation : vampirisme, pacte, incarcération et torture : tout y est !

Quant au roman noir, c’est un sous genre mais on en voit déjà des caractéristiques alors que le genre en lui-même n’en est qu’à ses débuts. En effet, le roman noir s’approche du style normal. Il faut un univers violent, un regard pessimiste sur la société, de grosses références et un engagement politique ou social. Ici, nous avons bien tout ceci dans ce petit condensé. Et j’avoue que ce fut, après coup, un régal




Le deuxième effet kiss cool : un roman burlesque

Au début de ma lecture, m’attendant à un roman « sérieux » je n’ai pas du tout compris ce qui se déroulait sous mes yeux. On raconte l’histoire d’Ann Racliffe qui part à la recherche de sa copine et de son fiancé enlevés par des vampires. Comme ça pouf la veille de son mariage (ou un truc du genre). Ni une ni deux, sans portemonnaie sans rien, la voilà qui part en Serbie (ou tout autre pays de l’Est pour y trouver : un cirque burlesque mais mortel, une ville maudite et une auberge sinistre. Sans compter un cimetière. Imaginez ma tête deux secondes. Sans compter que le vampire (Goetzi) a la particularité d’avoir un dard au bout de la langue, de vouloir épouser de jeunes héritières pour prendre leur fortune et que pour chaque dédoublement physique, il peut prendre la forme de chaque victime qu’il a pris.

Sur ce, je m’arrêtais en me disant : « Je ne sais pas ce qu’il prenait, à l’époque, mais c’était de la bonne » tout en prenant comme résolution de me renseigner sur les addictions des auteurs avant de les lire. Et puis, je ne sais pas, ca a fait tilt un soir : le cirque, le burlesque, les images d’épinal des vampires et des romans noirs. Et surtout la première phrase du début que je vous cite : « Il y a beaucoup d’Anglais et surtout d’Anglaises qui ont pudeur quand on leur raconte les actes d’effrontée piraterie dont les écrivains français sont victimes en Angleterre. Sa Très Gracieuse Majesté Victoria reine a signé jadis un traité avec la France dans le but louable de mettre fin à ces vols tant de fois répétées. Le traité est fort bien fait : seulement, il contient une petite clause qui en rend la teneur illusoire. Sa Très Gracieuse Majesté, en effet, défend à ses loyaux sujets de nous prendre nos drames, nos livres, etc., mais elle leur permet d’en faire ce qu’elle a la bonté d’appeler « une blonde imitation ». »

Voilà le deuxième effet Kiss Cool, que j’aurai mieux fait de bien lire au début ! L’auteur nous avertit gentiment de ne surtout pas le prendre au sérieux ici. Et comme dans un charme, je me suis refaite tout le récit dans la tête : les courses poursuite, les dialogues n’ayant ni queue ni tête, les réflexions de l’auteur sur les romans vampiriques. Et souris, puis j’ai ri, tout en y repensant.

En bref : oui j’ai aimé ce roman et je regrette de ne pas avoir eu la finesse de l’avoir compris de suite. Mais peut être que j’aurai dû le lire d’une humeur plus badine. Ce livre est comme si vous alliez voir les anciens théâtres Guignol, sauce vampire bien entendu.  Si vous voulez savoir comment ils se moquaient à l’époque : lisez-le ! 


Ce livre a été lu dans le cadre du challenge Fant'classique organisé par Iluze


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