mardi 4 novembre 2014

Noces de Cire de Rupert Thomson (Secrecy traduit par Sophie Aslanides)



Présentation de l'éditeur : Florence, 1691. Zummo est un sculpteur de génie qui crée des statues de cire si délicates qu’elles semblent avoir pris vie. Il a fui sa Sicile natale pour trouver refuge dans une ville vérolée par la corruption, aveuglée par l’austérité, où les citoyens les plus riches assouvissent leurs désirs les plus pervers. Convoqué par le grand-duc qui lui a commandé une Vénus de cire grandeur nature, Zummo parcourt les ruelles labyrinthiques à la recherche d’une femme suffisamment parfaite pour servir de modèle. Mais la Toscane regorge de secrets et de dangers. La torture et les exécutions vont bon train, et, lorsqu’on trouve le cadavre d’une jeune femme sur les bords de l’Arno, le sculpteur commence à croire que le vice prend sa source à la cour des Médicis. Tout en poursuivant sa création, essayant d’insuffler la vie à sa Vénus de cire, il se demande si cette femme parfaite va le mener à son salut ou à sa perte.
Noces de cire est une superbe représentation du monde d’avant les Lumières, vibrant de superstitions, de répression et d’incompréhension, doublée d’une intrigue menée à la perfection.







Une plongée dans l'histoire précédent la Renaissance


Rupert Thomson a beaucoup étudié l'histoire médiévale. Et croyez moi que cela se sent de suite dans son roman. En effet, on a littéralement l'impression d'y être. J'ai eu l'impression de courir dans un château, de parcourir les différentes maisons de bois, de marcher dans des rues boueuses, de parcourir des campagnes. Et son talent de la description allait même jusqu'à ce que j'ai l'impression de voir la sculpture de la cire par Zummo.

Il faut dire que je m'étais mise dans l'ambiance. Un peu de musique médiéval, un bon plaid, mon fidèle chat sur les genoux et une petite bougie parfumée au patchoulis. Mais il n'y a pas le décors qui y a fait et il faut le dire, l'homme a su mener son intrigue. Car le défaut de tout roman historique est tout simplement la description qu'il faut savamment doser pour les néophytes et  les sachants,  mais aussi et surtout trouver une intrigue qui nous maintiennent en haleine tout le long du livre.




Qui plus est, nous plongeons dans un Moyen Age obscur.

Franchement, en lisant la présentation de l'éditeur, je pensais limite qu'on allait se retrouver en plein complots de sorcellerie avec des références au diable et tout et tout. D'où mon choix de lecture pour un 31 Octobre, je ne vous le cache pas, au cas où. Mais j'ai envie de vous dire que le côté un peu magique sans l'être des statues de cire développé par l'auteur m'a laissé dans une espèce d'Halloween un peu old school. Souvenez vous de la Vénus d'Ille où le surnaturel venait presque naturellement si je puis dire. Ici, on touche ce point là dans le sens où le surnaturel, le mystère enveloppant les statues de cire faisaient partie du quotidien. A mon sens, cela faisait partie de l'alchimie et on le voit avec Zummo.

En effet, notre héros dissèque littéralement les corps pour retrouver une anatomie parfaite. Grâce aux descriptions de l'auteur, on voit tout le processus, avec les différentes cires qui font que ces statuettes ont exactement les mêmes organes que nous. Mais en cire. Il ne leur manque plus que leur âme. Il ne leur manque plus que la vie. Et en fin de compte, c'est devenu un roman très touchant qui pose de véritables réflexions sur la volonté de nos ancêtres de connaître le corps humain et ses mystères.


Comme toujours, un grand merci aux Editions Denoël, vos sélections sont toujours réussies pour moi.

1 commentaire:

  1. J'ai vraiment eu du mal au début, c'est seulement après -200-250 pages que j'ai commencé à apprécier...

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