jeudi 6 novembre 2014

Si proche de lui de Stéphane Soutoul




Présentation de l'éditeur : Parfois, il vaudrait mieux réfléchir à deux fois avant d'agir à la légère… Moi c'est Sonia Moonstar, apprentie sorcière et adepte des galères en tout genre. Suite à une rupture douloureuse, j'ai utilisé la magie pour me transformer en chat. Jolie boulette : une heure sous forme féline aura suffi à faire de moi la victime des pires infortunes ! La bonne nouvelle, c'est qu'un jeune homme est venu m'arracher aux griffes de la rue. La mauvaise, c'est que mon preux chevalier en baskets ne fait qu'un avec le garçon infréquentable que j'ai éconduit au lycée. Coincée dans la peau d'un chat durant ma convalescence, me voilà contrainte de partager le quotidien de mon hôte qui ignore l'identité réelle de sa nouvelle et malicieuse pensionnaire. Manque de bol, je découvre par la même occasion les dangers qui le guettent… Et si l'ange gardien de Benjamin avait troqué ses plumes contre une fourrure angora ?










Eh mais Koko, pourquoi tu lis de la romance ?

T'inquiète c'est Stéphane. Vous savez ? Le grand dadais aux cheveux mi longs qui adore écrire et qu'on adore voir aux salons ? Mais si, je vous en ai déjà parlé, notamment avec les deux premiers tomes du Cycle des âmes déchues dont chaque tome me faisait entrevoir ses références littéraires. Et, coup de bol, nous avons des références similaires. Aussi, mon compagnon et mes enfants ont dû nous maudire car nous nous sommes retrouvés en train de refaire les tomes pour voir quelles étaient les références développées et surtout quels étaient les projets de l'auteur.

Il m'avait parlé d'une romance. Et finalement, ce n'était pas celle-ci. Mais les références sont tout de même là, car môssieur aime nous faire des clins d'oeil. Comme de bien entendu, je me suis faite avoir et lorsqu'il m'a envoyé Si proche de lui, j'avoue que je n'ai pas du tout été craintive. Les romances, c'est pas toujours mon truc, mais la plume de Stéphane Soutoul, si ! Avec mes deux compères girly (Hélène et Claire), nous nous sommes engouffrées dans ce tourbillon de petites guimauves réfléchies.

Alors, oui c'est de la romance. Mais c'est du Stéphane Soutoul. Parce que l'action se situe sur Salem, dans un univers de sorcellerie. Et je dois dire que moi et les filles étions chanceuses car la lecture se situait aux alentours d'Halloween. Vous allez me dire que ce n'est pas grand chose mais cela nous a mis tout de suite en condition. Après, ce n'est pas non plus quelque chose de très réaliste toujours, pas non plus quelque chose qui va vous donner une intrigue de folie (pour 300 pages, faut pas rigoler) mais l'auteur a décidé tout simplement de nous détendre et intelligemment.



Une romance magique, dans tous les sens du terme.

Et oui, c'est magique ! Tout d'abord parce que Sonia Moonstar, apprentie sorcière, va se transformer suite à une rupture amoureuse en chat. C'est une lycéenne (Stéphane, faut qu'on parle) qui a tous les déboires d'une adolescente. Ce qui donne un roman résolument frais, mais qui n'est pas exempt de réflexion. Nous avons en effet une certaine forme de harcèlement moral dans les lycées (juste l'isolement d'une personne suite à des rumeurs. Je vous rassure, aucun humain n'a été torturé dans ce lycée) et des réactions entre lycéens qui sont en fin de compte très réaliste. J'avais vraiment l'impression de me retrouver sur les bancs de l'école pour cette partie là.

Et c'est cette partie très réaliste dans ce monde de magie, dans ce monde de romances adolescentes avec tout ce qu'il y a à l'intérieur (des sentiments à fleurs de peau, des problèmes pas si importants mais qui le sont quand même, des confessions entre copines, des familles qui ne sont pas cools) qui fait que notre esprit ne peut s'empêcher de s'identifier aux héros. C'est bien sûr là qu'entre en oeuvre la magie de  l'auteur : en effet, il arrive à décrire et à ressentir avec justesse les émois d'une adolescente et d'un adolescent. Cette capacité caméléonesque est assez impressionnante car jamais (et pourtant l'écueil est très facile à faire chez les jeunes) on ne tombe dans le too much, dans le cliché qui fait réellement lever les yeux aux ciels.

De même, Benjamin est aussi un adolescent qui certes a ses problèmes, certes est assez sanguin (les hormones, c'est le mal) mais qui a aussi la tête sur ses épaules et qui sous ses airs de gros durs est un incorrigible romantique. Il est musicien, il aide les gens, et sous ses allures de type normal, il a une magie intérieure qui lui est propre.


Et les références dans tout cela ?

Oui, car je vous dis toujours que là dedans il y a des références. Mais où sont elles ? Que fait la Police ? Nous avons déjà toutes les références au monde des sorciers, et plus particulièrement à la magie blanche avec les sorts de guérison, le magnétisme, les liens avec la nature, les liens avec les esprits. Soit, facile à faire, comme qui dirait l'autre. Nous avons bien entendu des références wiccanes faciles à trouver et oup la boum. Oui mais là non plus il ne tombe pas dans le cliché. Car Sonia reste avant tout  une adolescente avec ses émois. Elle se cherche, elle se demande si elle veut réellement étudier la magie à fond ou tout simplement vivre sa vie à elle. On peut dire que c'est ce que nous nous poserions comme question si on avait son âge et des pouvoirs magiques.

Quant à Benjamin, il s'est déjà trouvé en quelque sorte. Il a trouvé sa raison de vivre et ne s'embarrasse plus du tout de ce que les autres pensent, même si cela le blesse parfois. Et là je dois dire que c'est un beau tour de main, car pour une fois, nous avons une inversion des codes. En effet, le garçon est ici, au même âge, plus mature que la jeune fille. Et où voyons nous tout cela en romance (allez on lève la main) ! Jane Austen, bien entendu. Alors oui, à son époque, c'était plutôt normal car les jeunes filles étaient plus jeunes que les garçons et surtout on ne donnait pas autant de responsabilités aux femmes qu'aux hommes. Mais curieusement, dans notre monde moderne, cette analogie fonctionne.

Et là oui, tout s'enchaîne. Les rapports entre Sonia Et Benjamin sont résolument austiniens. Je vous rappelle le sous- titre de l’œuvre : aimer au delà des apparences.... Et voilà, je sens que vous y êtes : Orgueil et préjugés ! Et lorsqu'on regarde l'humour de Sonia et les ronchonnements de Benjamin, on ne peut s'empêcher de faire des comparaisons avec d'autres héros bien connus des lecteurs de Jane Austen. Alors non, ce n'est pas du copier coller, c'est bien entendu à la sauce de l'auteur. Mais les petites piques humoristiques sont là et c'est pour cela que je peux le dire : j'aime la romance quand c'est écrit par Stéphane (mais il faut qu'on parle).

Sur ce, j'ai encore écrit une chronique incroyablement longue, pour un petit livre, mais c'est uniquement parce que il y'avait beaucoup de choses à dire, beaucoup de digressions aussi. Si vous avez envie de vous faire une soirée sympa, auprès d'une bougie et d'une tasse de thé, ce roman est fait pour vous.

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